mardi 16 février 2021

S'y mettre





 Un calme absolu, une énergie qui envoie tout vers l'intérieur. L'immersion dans le travail a commencé. On voudrait allonger les journées. En lisant des essais d'ethnologues-sociologues, idées et images se mettent à fourmiller. Fouiller, trouver des fondations pour la narration. Chercher sa langue. Rentrer en soi


lundi 15 février 2021

tu arrives et tu n'es plus vraiment sûr que quelqu'un t'attend



 Jour 1

Arrivée dans la ville vide

On viendra m'ouvrir la grille Nord

Entrée principale réservée au personnel

Toi tu prends l'entrée des artistes

Je peste (en silence)

C'est le cas de le dire

Le virus prend tout l'espace

Une chance que tu puisses encore franchir l'enceinte

Au travail


jeudi 28 janvier 2021

un matin de pluie




 



Petit matin de pluie

Strasbourg s'éveille

Un homme cherche un endroit

De vitrine en vitrine 

Tu marches 

Cherchant une sortie sous les paillettes

On n'a pas lésiné en régie sur les gouttes d'or

Qui tombent sur le toit de ta main

 
















lundi 18 mai 2020



Oseras-tu marcher parmi les épis ?

Avancer dans la fraîche blondeur du soir ?

Oseras-tu t’enfoncer entre les tiges ?

Défier le couchant moelleux et l’herbe qui pousse ?

Oseras-tu prendre un bain 

Disparaître à moitié

Dans les ondes du soir ?

Oseras-tu aller là où tu te trouves ?

Oseras-tu savourer le plaisir d’être juste penché au vent ?

De te balancer jusqu’à la nuit ?

Attendre

Aller plus loin

Sans la moindre idée d’être là et plus loin ?

Risquer la soif

Risquer la morsure

La nuit froide

 

Tu as l’air

Dedans

Autour

Tu peux courir et regarder le soir passer

Le ciel au-dessus de tout ce qui t’appartient

Là-bas

 

lundi 18 novembre 2019

Un café s'il vous plaît

Le train n'est pas encore annoncé. Tu rentres dans ce qui ressemble à un bar, proche des quais, tu t'approches du comptoir-caisse pour commander un café. Le serveur est déguisé en jardinier, il porte un tablier rouge, le truc que tu enfiles par la tête et noue à la taille. Celui-ci est impeccable, un gros logo barre la poitrine. On n'est pas loin de l'homme-sandwich, ou du laquais à la sauce communication et marketing. Et comme il est subsaharien d'apparence, comme tous ses collègues ou presque(quelques autres présentant un type maghrébin), on se fait un petit voyage, l'air de rien, au bon temps des colonies. Il est à mon service, du moins c'est ce qu'il joue, ça se sent dans les formules de politesse qu'il emploie: " Est-ce qu'autre chose vous ferez plaisir, Monsieur, cookie ou brownie ? ". Très vite la douce injonction à consommer me fait plutôt ressentir que c'est moi qui suis à son service, il a des objectifs à réaliser, un panier-client, je dois jouer mon rôle. Non, le maître ce n'est ni lui ni moi, mais la marque qu'il arbore sur son tablier. Avec mon simple expresso, je vois bien que ma cote a instantanément baissé. Son visage s'éteint légèrement quand, passant à l'étape suivante, il me demande mon prénom. Surtout ne pas paraître étonné, c'est l'usage, c'est comme ça. Il le note avec un gros feutre sur le gobelet en carton et demande " ça sera sur place ou à emporter ? ". " Sur place " je réponds. Petite oeillade technique au gobelet, ce n'est pas la même inscription. Il m'annonce le prix, je règle et j'attends qu'il me serve. Erreur, ce n'est pas lui, lui c'est la phase 1 du process, accueil et prise de commande. Il me prie de bien vouloir me présenter au comptoir d'à côté, où les clients font la queue pour la phase exécution et service, légèrement moins valorisante, moins en pointe, mais toujours tenue par un employé d'apparence subsaharienne, affublé du même tablier. Celui-ci est chargé de servir le café et de faire l'appel. Il lit les prénoms à haute et intelligible voix, "Jessica !", "Delphine !", "Patrick ! ", à chaque gobelet saisi dans l'ordre d'arrivée. Là tu te retrouves en deux secondes au centre de loisir, infantilisé. Distribution du goûter sur présentation du ticket. Quelque chose de vaguement carcéral aussi, militaire. Tu fais la queue en attendant que ton prénom soit prononcé par quelqu'un que tu ne connais pas, pour percevoir ta ration. Dernière étape, tu cherches une place libre en milieu hostile, les tables "mange-debout" sont pleines, il te reste la terrasse dans le froid de la gare. Tu finis par trouver une chaise que tu ne peux déplacer-elle est vissée au sol, et par t'assoir face à un inconnu qui t'a aimablement autorisé à partager sa table, casque sur les oreilles et deux pouces ultra-actifs sur son clavier téléphonique. Tu te dis : j'aurais dû choisir l'option "à emporter". Le mot "bistrot" résonne alors dans ton cerveau, et avec lui tout un monde oublié s'ouvre à toi : tu te vois accoudé au comptoir, un zinc quoi, tu te poses. Tu dis "un café s'il vous plaît", le serveur ou la serveuse, le patron ou la patronne ne te répond pas forcément, mais il s'exécute, il te sert, "voilà monsieur", sans chichi, sans uniforme, tu bois tranquillement ton café dans une belle tasse à intérieur coloré, en lisant ton journal, et à la fin tu dis "c'est combien ?", tu payes et tu sors en saluant la compagnie.


mardi 28 février 2017



Le temps

Est à la pluie et aux bourrasques

Partout des phrases
grognements salivaires ou
grincements d’incisives
Fondent sur nos têtes
des communiants s'éraillent
des évêques criaillent
(le doigt coincé dans le tronc)

Il pleut des ambitions
et les lointains se brouillent

(ici il y a la césure du vent)


Toi sur tes montagnes à flanc de pluie
Dans ton lit de feuilles et d’écorce
Tu voudrais en réchapper
Alors tu regardes

Les oreilles pleines de terre

Vois-tu quelle horde s’annonce

Des gens dis-tu, des inconnus

Tu es sûre

Oui nous
autres

Avec du vert au fond

mardi 7 février 2017

L'offre politique de 2017

EN DEHORS DE L'ECO-SOCIALISME (JLM), L'ELECTEUR A LE CHOIX ENTRE QUATRE VERSIONS DU NEO-LIBERALISME :
National-catholique (Le Pen)
Autoritaire-catholique (Fillon)
Ordo-libéral ou oligarchique (Macron)
Libéral-participatif (Hamon)

C'était ma réflexion du jour