Où es-tu
Dans quel repli de toi-même
Sur quel astre
Au fond de quel oubli
Dans quelle maison confortable
D'où je suis
Je ne te vois pas
Il me semble te percevoir
Parce qu'il y a dans l'air
encore
Les battements qui nous unirent
Parce que la pluie
Parce que le vent
Parce que le soleil
Parce que la marche
Parce que
mercredi 7 décembre 2011
lundi 5 décembre 2011
En sortir
J'ai fini d'écouter toute la série d' émissions consacrées aux 80's sur le site de "là-bas". Et je me dis, comme le constate Halimi, que, même si l'on peut - mais depuis quelques mois seulement - envisager de contester le dogme libéral ( ou même social-libéral) sans être méprisé, le verrouillage de tous les appareils, en particulier médiatiques et intellectuels est tellement massif, que le travail de détricotage de la nasse idéologique va être lent et difficile. Ou alors, il y aura une fulgurance. Comme une vérité qui éclate. C'est un peu ça l'occasion donnée par cette deuxième vague de crise ( après 2008) : le point d'absurdité et de générale bêtise semble atteint avec les politiques d'austérité (que tous les gouvernements d'europe mettent en place en ce moment). Cela ne peut aboutir qu'à des révolutions, à l'exemple du monde arabe (même si eux ont mis beaucoup plus, une quarantaine d'années). L'altenance par les urnes ne suffira pas, car elle ne met au pouvoir que des gens formatés par la pensée dominante, des gens qui ont des projets proches, aux variables de style près. Nos deux candidats sont d'accord sur les questions fondamentales (nucléaire, retraites, rigueur etc.) et sur les cadres juridiques ( traité de Lisbonne, 5ème république). Nous allons dans le mur.
mercredi 30 novembre 2011
Nous marchons à la rencontre de l'amour et du désir
" Au bout de quelques pas, les absinthes nous prennent à la gorge. Leur laine grise couvre les ruines à perte de vue. Leur essence fermente sous la chaleur, et de la terre au soleil monte sur toute l'étendue du monde un alcool généreux qui fait vaciller le ciel. Nous marchons à la rencontre de l'amour et du désir. Nous ne cherchons pas de leçons, ni l'amère philosophie qu'on demande à la grandeur. Hors du soleil, des baisers et des parfums, tout nous paraît futile. "
Albert Camus - Noces à Tipasa
Albert Camus - Noces à Tipasa
samedi 26 novembre 2011
vendredi 25 novembre 2011
Années 80 : montée des périls
J'ai écouté deux excellents reportages sur les années 80, datant de 2007, réalisés par Daniel Mermet, avec Serge Halimi, Frédéric Lordon et l'auteur d'un livre intitulé je crois " les années 80 : une décennie de cauchemar", François Cusset . Un concentré saisissant d'une époque vécue entre 18 et 28 ans. Ce virage culturel, ce changement d'époque je l'ai ressenti très vite, très fort. Je ne me suis pas bien senti dans ces années là, les Séguéla, les Savary, les paillettes de Goude et tout ça, je ne m'y reconnaissais pas du tout. La vente de TF1 à Bouygues. ... Gildas Bourdet dans sa baignoire, cigare à la bouche "je suis socialiste mais je me soigne" en couverture du Fig-Mag. Minc, Attali, Tapie, Lang, Véronique et Davina, Reagan, Thatcher, un train fantôme terrifiant, dont nous n'avons pas encore vu la fin ! Ils sont tous encore là en vrai, agissants, ou en ombres vénérées. Les années 80, c'est maintenant, l'arrogance en moins. Naissance d'un héros : l'entrepreneur. Disparition de l'affrontement idéologique droite-gauche, consubstantiel de l'essor de la social-démocratie. Triomphe de la "Culture" (dont Franck Lepage dit très bien qu'elle a servi surtout à tuer la gauche). Sainte Trinité Profits-Compétitivité-Chômage. La libéralisation des marchés financier commence et viendra juste après ( grâce en grande partie à la fin de règne de Mitterand). Il est très clair que nous n'en sommes pas sortis et que nous vivons aujourd'hui le paroxysme ( et peut-être la prochaine décadence, j'espère) de la courbe idéologique qui a pris son essor à ce moment là, exponentielle après la chute du mur, véritable " catastrophe " me disait un ami philosophe, Xavier Papaïs. Le capitalisme s'effondre sous nos yeux, ravage la planète, et toujours personne sur le boulevard ouvert par la crise de 2008, la "gauche de gouvernement" s'obstine à piailler en courant derrière la limousine à chenilles du grand capital avec ses pistolets à bouchon.
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